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Genèse
2009

D’où vient l’appellation « somatopsychologie » ?

D’abord d’un constat venant de mon vécu personnel comme de mon expérience professionnelle de médecin : le corps, le « soma » en chair et en os, est beaucoup plus complexe que l’esprit. Il a des ressources surprenantes ; sa mémoire est une vraie compagnie ; il est irréductiblement un ; il est en vie, donc dans un au-delà de la conscience d’être vivant.

Et puis « psychologie » car, revenant aux sources morales de la mythologie grecque, le but de la psychologie d’ accompagner Psyché pour l’aider à déjouer les pièges placés sur son chemin et libérer l’inspiration créatrice.

Rappelons le mythe grec : Psyché est une jeune princesse d’une beauté incomparable dont Eros, le dieu de l’amour, est tombé amoureux. Aphrodite, la mère d’Eros, est jalouse de Psyché. Pour se débarrasser de la jeune fille mortelle, la redoutable déesse lui fait subir une série de dures épreuves que Psyché parviendra heureusement à surmonter. Eros la rejoint alors ; il l’emmène auprès des dieux, qui sensibles à son courage et sa ténacité, décident de l’élever au rang des immortelles. Elle pourra enfin s’unir à Eros pour l’éternité.

Pour les philosophes grecs, psyché devint le symbole de l’âme, principe de vie et de spiritualité qui anime les humains et les êtres vivants. Psyché en langue moderne est devenu l’esprit ou le psychisme, et la psychologie, la « science de l’esprit »… la question cruciale, le grand mystère, le problème le plus complexe d’entre tous.

Selon la légende, psyché a une double nature : à la fois matérielle, puisqu’elle est une mortelle faite de chair et de sang, mais aussi spirituelle et éthérée puisqu’elle est immortelle. On peut aussi voir en elle le symbole de l’intelligence : n’a-t-elle pas su déjouer tous les pièges qui lui étaient tendus ? Ou encore le symbole de l’amour et du désir puisqu’elle fut en quête de l’amour absolu ? Sans doute psyché est-elle tout cela à la fois… Et c’est sans doute pourquoi la vraie nature du psychisme est si difficile et si mystérieuse à comprendre. La psychologie, dont le projet est d’explorer le psychisme humain, est donc confrontée à de redoutables énigmes. Pour tenter de percer les mystères de Psyché, la psychologie contemporaine a mis en œuvre de grands moyens qui relèvent parfois de la surconsommation d’egos.

En inscrivant la somatopsychologie dans la tradition de la psychologie, je la distingue des effets de mode et surtout de toutes formes d’expression de la maîtrise du mental

La théorisation de la somatopsychologie® provient à la fois de l’observation des nourrissons, des données de la biologie et de la physiologie, sur l’éclairage apporté par Freud et ses successeurs, sur les apports de l’éthologie et de l’ethnopsychanalyse.

Elle s’organise sur la reconnaissance du « porter » (et toutes ses déclinaisons) comme une contingence de notre vie autonome sur terre. Plus notre « porter » est évident et paisible, meilleure est notre certitude d’enracinement, donc notre base sur laquelle s’appuyer pour exprimer notre élan vital .

Nous pesons sur terre. Ce poids est lié à la pression barométrique qui nous plaque au sol. C’est notre contrainte adaptative au cosmos. Porter ou être porté appartient à notre condition humaine sur terre. De la conception à la naissance, nous ne subissons pas cette pression atmosphérique puisque nous sommes portés, par le biais du liquide amniotique, par nos mères biologiques.

Notre première expiration d’air fait date.

Par sa discontinuité totale avec le milieu de notre origine, l’empreinte de notre naissance dans notre mémoire est notre référentiel de traversée de crise existentielle. La trace du naître est le nombril de notre être au monde : c’est l’encodage de la séquence d’incarnation.

Selon la modalité de notre arrivée au monde, une posture face aux crises va s’inscrire très profondément dans nos compétences adaptatives.

Selon la qualité soignante de notre environnement, notre confiance dans la vie va se construire. En effet, la détresse du nouveau-né impose le soin : éprouvée par chacun, nous sommes tous concernés. C’est le fondement de la condition humaine. Cette exigence, cette expérience primordiale, est la preuve de notre égalité entre vivants. Toute notre vie affective est traversée par la tension interne à l’expérience du soin. Le soin est la première relation morale entre vivants. Le prendre soin est une relation éthique.

De la naissance à nos premières déambulations autonomes, nous sommes portés par ceux qui prennent soin de nous, ou par des objets (berceaux, poussettes…), mais nous sommes inaptes à nous redresser contre la pesanteur, comme à nous déplacer de manière autonome. Progressivement, le petit d’homme va apprendre à se déplacer seul, puis à se redresser (même de manière infime, le premier retournement se fait vers l’âge de trois/quatre mois). Cette progression dans l’adaptation à la vie sur terre précède la conscience d’exister. Elle témoigne de la vitalité du corps humain. Pour cette raison, la somatopsychologie, approche du vivant, précède ce que l’on sait de l’existant.

La somatopsychologie a pour objectif que l’être humain soit en état de marche, éveillé, « échauffé », prêt à s’adapter au contexte de chaque instant de vie.

 

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