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Qui suis-je ?
vendredi 20 février 2009

Femme fière de ma nationalité française, bientôt cinq décennies après mon « bac 68 » je me retourne sur ma « vie active ».

Et je constate en moi la justesse toujours intacte du message reçu à l’époque : les livres, les savoirs ou les pouvoirs sont au service de la vie de l’homme, et non l’inverse ! Tels les différents instruments de mesure de l’eau, s’ils cadrent cette dernière, en aucun cas ils ne sauraient la contenir toute. D’où mon choix professionnel : devenir médecin dans l’idée de défendre la vie, la reconnaître dans ses élans et surtout faire en sorte que ces mêmes élans ne noient pas l’intérieur, pas plus qu’ils n’inondent l’extérieur.

C’est ainsi que, finalement, pendant les trente années de mon parcours universitaire en médecine et sciences humaines (tout particulièrement auprès des sportifs de haut niveau), chaque palier m’a inspiré un détour vers une innovation. Ces interphases sont ma signature, ma manière d’utiliser les savoirs validant mes diplômes, pour me former à ma fonction de soignante ; elles constituent le fil rouge de ma propre croissance en humanité.

La création de ce site est indépendante de l’équilibrage d’une reconnaissance de compétence intellectuelle. Ma surprise est là : j’observe combien cette conception s’inscrit pour moi dans le changement. En ce début du XXIème siècle, un peu comme en mai 68, j’éprouve la nécessité de participer à un réseau de résistance à la pression infantilisante, si bruyante, de la médiacratie, du consumérisme, de la mondialisation… pour simplement être un lieu d’échanges sur la vie humaine, toujours tellement là, à profusion.

Mon angle de vue est celui de la performance.

Elle fait partie intégrante des nouvelles valeurs de notre société.

Grand battage est fait sur la performance-prescription, quasi totalitaire, qui doit, sous peine d’exclusion, faire de chacun de nous un être performant dans tous les compartiments de sa vie privée et professionnelle. A grand renforts de « faire », variés : faire l’amour, « faire » un pays ou une région, un résultat, un évènement… « ça le fait ! ou pas ! ». Le business du sport de haut-niveau en est devenue une figure emblématique. Par la notoriété et la reconnaissance qu’il acquiert à travers ses performances, le sportif de haut-niveau s’est métamorphosé en icône. Il est un modèle qui satisfait à toutes les exigences de cette véritable commande sociale : être vu à la télé, gagner beaucoup d’argent facilement, figurer dans le livre universel des Records. Le constat est identique dans ces autres domaines où la performance ne passe plus par l’appareil locomoteur mais par les sentiments ou les compétences intellectuelles, eux-mêmes devenus des objets quantifiables. Ainsi, chanteurs lyriques, danseurs, comédiens et plasticiens mais aussi, étudiants en préparation de concours d’élite, cadres d’entreprise ou surdoués nouvellement diagnostiqués, sont ces « performers » assujettis aux mêmes contraintes de résultats.

Et pourtant la performance humaine comme manifestation du plus haut de soi-même dans le regard de tous est aussi un instant de grâce. Dans certains moments millésimés, ces performants témoignent d’une telle intrication entre leur être et leur avoir que leur performance s’élève au niveau de leur chef-d’œuvre.

Reste une question et un trouble manifeste : l’accomplissement de la performance vu comme un chef-d’œuvre individuel, n’appartiendrait-il qu’à une élite "faite pour" isolée du commun des mortels ?

Non !

Par ce site, j’entends même proposer exactement le contraire : à chacun sa place, sa performance, à chacun son chef-d’œuvre… Foncièrement personnelle, le chemin vers la performance a le grand mérite de renvoyer chaque individu à sa propre trajectoire de vie, inscrite entre sa naissance et sa mort sans aucune possibilité de retour en arrière. Or, partons du postulat simple de la biodiversité humaine qui stipule que, pour bien "tourner", le monde a besoin non seulement que chacun occupe pleinement sa place (là où les besoins de survie sont satisfaits) mais encore que chacun soit en état de marche dans le respect des dépendances naturelles ( là où le choix est libre) pour s’autoriser l’ouverture à son apogée, son chef-d’oeuvre ; effectivement alors, nous ne sommes pas au monde pour rien !

À partir d’un examen minutieux des modèles des performants sportifs et émotionnels, j’aimerais permettre à chacun de déterminer le cadre de sa propre performance : à la fois une conscience d’avoir, une conscience d’être et une conscience d’être tiré vers le Haut, en devenir imprévisible.

Au bout du compte, faire de son projet de vie, un projet d’amour : une performance devenue un chef-d’œuvre, déclinaison à valeur universelle de l’art de vivre solitaire et solidaire digne d’être inscrit sur le grand livre du patrimoine de l’humanité.

 

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