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25e Jules Verne de l’entreprise
Nantes le lundi 24 juin 2013
dimanche 14 juillet 2013
par Claire Carrier

PROGRAMME Le 24 Juin, 16h15 - 17h15

Atelier 2 : Foi, espérance et pensée positive

Que nous disent la psychologie et la philosophie de l’optimisme ? Comment vient-il dans notre cerveau et notre psychologie ? Y a-t-il des moyens de combattre le pessimisme ? Suffit-il de penser positivement pour tout changer ? Comment l’optimisme peut nous servir de moteur pour l’action, le désir, le rêve ; comment il peut surpasser et transformer la réalité.

Animé par Patrick Lonchampt, directeur de la radio Fidélité

Les intervenants :

- Pascal TARANTO, philosophe à l’Université de Nantes

Présentation de l’intervenante :

Docteur Claire Carrier Psychiatre Psychanalyste Médecin du sport

Avant toute chose, heureuse d’être vivante, je suis fière d’être médecin. Mon parcours construit consultation après consultation, dans l’intimité de la relation soignant-soigné, montre des virages qui, tous exerçant mon optimisme de base, me font revenir à l’essentiel de mon métier : la défense de la vie humaine, ou plus précisément un rapport vivant/mourant constamment positif pour chacun à chaque instant. Prenant l’exemple du sport : l’échec n’existe pas, c’est une alternative à la réussite par d’autres combinaisons du couple « possible/chance », à creuser.

En effet, j’ai quitté la réanimation néo-natale pour la pédo-psychiatrie devant la complexité éthico-médico-philosophico-sociale de la réanimation des grands prématurés et la nécessité de « comprendre » les mères maltraitant leurs propres enfants. Puis c’est la mise à distance des « raisons du corps » des patients par les soignants en psychiatrie, tant préoccupés par l’équilibre psychique, qui m’a fait chercher dans la médecine du sport une application du regard soignant sur le plus-de-vie à stimuler plutôt que le moins-de-vie à combler ou à repousser : je l’ai trouvé à l’INSEP dès 1989, j’y ai développé différents travaux dont un doctorat en psychologie clinique.

Mais en 2000, il a fallu me résoudre au constat que l’objectif du très haut niveau sportif « fabrique » des machines à record (handicap noble) qui soumettent l’acteur sportif au mieux à une léthargie psychique, au pire à une addiction/aliénation, voire dans les cas de grands burn-out à une mort psychique.

Ma déontologie ne pouvant cautionner cette « commande » stricte de titres et autres médailles pour une économie de la visibilité prospère (nationale qui plus est !), j’ai dû donner ma démission en 2000 à l’INSEP. Dès lors, j’ai repris mon métier de pédopsychiatre en m’occupant, pour une association s’adressant aux jeunes handicapés l’APAJH, d’enfants dans le cadre d’un CMPP et en y créant un CAMSP. Maintenant en 2013, j’arrive à l’âge de ma retraite « salariée » : j’ai tout le loisir de réfléchir à ouvrir une structure au service de ceux qui choisissent la vie et acceptent de reconnaitre que ce choix implique un travail et un engagement solitaire et solidaire.

Point de vue sur l’optimisme :

Pour le médecin que je suis l’optimisme est chevillé au corps. Il se confond avec le goût de vivre qui superpose la sécurité narcissique de base à l’élan vital. Il est manifeste chez l’enfant de 18 mois qui, absolument confiant, exerce sa curiosité exploratoire dans toutes les directions à partir de son plaisir de bouger. Nous avons tous cette mémoire « positive » du corps plus fort que sa peur « même pas peur ! ». Interroger l’optimisme, ce travail permanent sur le réel, renvoie à l’empreinte, à la continuité et à l’éducation de notre mémoire heureuse.

 

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